Une maison. Cinquante ans d’histoire collective.

 En 1976, à Lausanne, une maison ouvrait ses portes avec une conviction simple et puissante : les droits des femmes se construisent, se défendent et se transmettent. Née de l’héritage généreux de Madeleine Moret, la Maison de la Femme est depuis un demi‑siècle un espace unique d’accueil, de ressources et d’engagement au cœur de la ville. 

 Un lieu où l’on informe. Où l’on écoute. Où l’on soutient. Où l’on agit.

Depuis cinquante ans, la Maison de la Femme rassemble des associations, des professionnelles et des citoyennes engagées. On y trouve des permanences juridiques, des écrivaines publiques, des espaces de rencontre, des activités culturelles et des services d’orientation pour toutes les femmes, quels que soient leur âge, leur parcours ou leur situation.

 Une maison, plusieurs générations

Depuis 1976, des milliers de femmes ont franchi cette porte. Certaines cherchaient une information essentielle. D’autres un soutien dans un moment de transition. D’autres encore un lieu pour débattre, apprendre, créer ou s’engager.

 Au fil des décennies, la Maison de la Femme est devenue un carrefour lausannois de solidarité, de culture et de défense des droits, un lieu profondément ancré dans la vie locale et constamment en évolution. Son esprit, lui, n’a jamais changé : créer des ponts, renforcer les droits, faire avancer l’égalité.

 L’héritage de Madeleine Moret : l’histoire qui fonde une maison

À la fin du XIXᵉ siècle, la belle demeure de l’avenue de l’Églantine appartient à Madeleine Moret, fille unique du notaire Édouard Moret et de Marguerite Paquier. Née en 1901, elle grandit dans un environnement cultivé qui nourrit très tôt sa curiosité et son goût pour la liberté.

 À vingt ans, alors que la T.S.F. commence à peine à faire entendre ses premiers signaux, elle s’y passionne. Elle s’abonne à des revues spécialisées, construit elle‑même son poste à galène et devient, en 1927, la première femme suisse à obtenir une concession fédérale de radio‑émetteur. Depuis la maison de l’Églantine, puis depuis sa petite maison de Reverolle, elle converse avec des correspondants proches et lointains, mène des recherches scientifiques et explore sans relâche les possibilités de ce nouveau média.

Créative et sensible, elle peint, joue de la musique et écrit des poèmes. Toute sa vie est marquée par la curiosité, la culture et l’expression personnelle. Elle s’éteint le 13 novembre 1973, laissant derrière elle un héritage profondément visionnaire.

 Avant de disparaître, elle confie un dernier geste à la hauteur de sa vie : elle lègue tous ses biens à l’Union des Femmes, avec la volonté de voir naître une maison dédiée aux femmes — un lieu pour se rencontrer, apprendre, défendre leurs droits et nourrir leur créativité.

 Elle fixe trois objectifs clairs :

 créer un lieu de rencontre pour les sociétés féminines de Lausanne et du canton ;

  • soutenir la lutte pour les droits des femmes et l’amélioration de leur condition, ainsi que celle de la société en général;
  • encourager le développement culturel et artistique des femmes par des conférences, des cours, des discussions, des expositions et une bibliothèque. 

 C’est ainsi qu’en 1976 naît la Maison de la Femme : un lieu vivant, ouvert et engagé, fidèle à l’esprit de celle qui l’a rendue possible.

 Et maintenant ?

 Célébrer cinquante ans d’existence, c’est honorer le chemin parcouru, mais aussi ouvrir celui qui s’annonce. En 2026, nous vous invitons à prendre part à cette année anniversaire :

 11 juin 2026 —Découvrir la Maison, ses espaces et les associations résidentes lors des Portes ouvertes

 Parce que les droits se construisent ensemble. Parce qu’une maison est plus forte lorsqu’elle est habitée. Parce que les cinquante prochaines années commencent aujourd’hui.

 Les informations complémentaires — programme détaillé, horaires, modalités d’accès et d’inscription — seront publiées prochainement sur le site et dans la newsletter.